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Fédération De l'Expertise en Assurance

La Révolution carbone des sinistres : revivez la conférence de la FEDEA en replay

Publié le 2 oct. 2026 • Rubrique : Actualités institutionnelles

Mots clés : changement climatique , dommage

Le 29 septembre 2026, la FEDEA réunissait experts, assureurs et acteurs engagés de la transition environnementale autour d’une question devenue incontournable : comment intégrer l’empreinte carbone dans les décisions prises après un sinistre ?

La Révolution carbone des sinistres : revivez la conférence de la FEDEA en replay

FEDEA - EK DESIGN

Aujourd’hui, le replay de la conférence« La Révolution carbone des sinistres » est disponible et permet de revenir sur les principaux enseignements de cet événement qui marque une étape importante dans la transformation du secteur de l’expertise en assurance.

 

Face à l’intensification des risques climatiques et à la raréfaction des ressources, la réparation après sinistre ne peut plus être pensée sous le seul angle du coût, du délai et de la qualité. Réunie par la FEDEA, la conférence « La révolution carbone des sinistres » a confronté les regards de l’expertise, de l’assurance, du bâtiment et de la transition écologique. Un constat s’impose : mesurer l’empreinte carbone des réparations est désormais indispensable pour éclairer les décisions et faire évoluer collectivement les pratiques.

Un changement d’échelle qui transforme déjà les métiers

En ouverture de la conférence, Jean-Marc Jancovici a replacé la question du sinistre dans un contexte plus large : celui d’une économie profondément dépendante de l’énergie et des ressources matérielles. Nos capacités à produire, transporter, construire et reconstruire reposent sur une abondance énergétique qui ne peut être considérée comme acquise.

Dans le même temps, les conséquences du changement climatique deviennent plus visibles : intensification des canicules, sécheresses, retrait-gonflement des argiles, incendies, grêle ou encore submersions marines. Pour Jean-Marc Jancovici, cette transformation oblige à regarder la réalité physique en face :

« On sort d’un monde où l’on a considéré que le droit s’imposait à la physique, et l’on va devoir entrer dans un monde où c’est la physique qui va s’imposer au droit. Le contrat ne vaudra rien s’il n’y a pas les conditions matérielles de sa mise en œuvre. »

Cette évolution se traduit déjà dans les chiffres de la sinistralité. Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, a rappelé que le coût annuel des sinistres climatiques en France avait été multiplié par quatre en euros constants depuis la création du régime des catastrophes naturelles. Pour l’assurance, l’enjeu est désormais de concilier la massification du traitement des sinistres, la qualité de l’accompagnement et la soutenabilité du système. 

« Nous avons un vrai besoin de travail conjoint avec les experts et avec tous les professionnels de la réparation. Ceux qui sont devant les assurés doivent être capables de les convaincre du bienfait de la réparation résiliente. » 

Donner au carbone une valeur mesurable

Pour accompagner cette transformation, la FEDEA a engagé, avec Carbone 4, un travail collectif visant à mesurer l’empreinte carbone des opérations de remise en état après sinistre. La démarche repose sur une méthodologie commune et sur un référentiel opérationnel destiné à être intégré aux outils de chiffrage utilisés par les professionnels.

Pour Olivier Caniou, membre du groupe de travail de la FEDEA, cette approche commune est essentielle afin de produire des résultats cohérents, comparables et exploitables par l’ensemble de la chaîne du sinistre :

« Notre objectif est une norme de place, partagée par tous les experts, au-delà de l’enjeu concurrentiel : une norme au service de nos métiers, qui permettra de structurer, de rendre comparable et de piloter la transition. » 

L’enjeu n’est pas uniquement de mesurer. Il s’agit également de pouvoir identifier, lorsque cela est techniquement possible, des solutions de réparation ou des matériaux moins émissifs, tout en prenant en compte leurs coûts, leur disponibilité et leur durée de vie.

Afin de rendre cette démarche concrète, Christophe Gadouleau a présenté un référentiel comprenant plus de 3 000 prestations de remise en état, chacune associée à une valeur carbone. L’outil doit permettre d’ajouter à la lecture économique traditionnelle d’un devis une information environnementale directement exploitable. 

« Savoir mesurer, c’est bien, mais l’idée est d’aller vers la réduction de l’impact carbone du sinistre, en recherchant des alternatives de reconstruction moins émissives. » 

À terme, l’expert pourra ainsi mettre en regard le prix d’une solution, son empreinte carbone et les gains susceptibles d’être obtenus grâce à une variante. L’outil ne se substitue toutefois pas à la décision de l’assureur et de l’assuré. Il fournit une donnée supplémentaire pour éclairer leur choix.

Christophe Gadouleau - Expert FEDEA, membre du groupe de travail Empreinte Carbone

FEDEA- Sandrine Boyer Engel

Christophe Gadouleau - Expert FEDEA, membre du groupe de travail Empreinte Carbone

L’expert, conseiller de la réparation de demain

Pour Emmanuel Villette, président de la FEDEA, l’expert est particulièrement bien placé pour accompagner cette évolution. Au cœur du parcours d’indemnisation, il observe les dommages, évalue les solutions techniques et dialogue avec les différents acteurs.

« L’expert va être capable de mesurer avec un outil commun, de proposer des alternatives et d’accompagner les sinistrés. Il aura un rôle beaucoup plus important de conseil et de pédagogie sur ces sujets. » 

Cette évolution ne remet pas en cause la place de chaque partie prenante : l’expert mesure, analyse, propose et accompagne, tandis que la décision s’inscrit dans le cadre du contrat d’assurance et du choix de l’assuré. Elle dessine néanmoins un élargissement du métier, appelé à dépasser le seul chiffrage.

« L’expert va devenir un véritable chef d’orchestre de la réparation, un conseiller capable d’accompagner bien au-delà du seul chiffrage. », a résumé Emmanuel Villette. 

 

Faire converger expertise, assurance et bâtiment 

La transformation ne pourra toutefois pas être portée par un acteur isolé. Elle suppose un dialogue étroit avec les fabricants et les entreprises du bâtiment, qui conçoivent et mettent en œuvre les solutions techniques.

Catherine Guerniou, vice-présidente de la Commission Environnement du Conseil économique, social et environnemental, a insisté sur la nécessité de dépasser le remplacement systématique à l’identique et de mieux anticiper les conditions climatiques futures :

« Si nous restons dans le même cycle, à remplacer à l’identique sans évoluer, nous n’avancerons pas. Il existe des solutions techniques : c’est à nous de nous en emparer et de savoir les mettre en œuvre. » 

Elle a également souligné l’importance de faire évoluer la perception du réemploi et des produits bas carbone :

« Un produit de réemploi ou bas carbone n’est pas un produit bas de gamme. Il faut valoriser ces solutions et acculturer l’ensemble de notre environnement professionnel. » 

Du côté des assureurs, Paul Esmein a rappelé que l’intégration du carbone doit être articulée avec une autre exigence : la résilience du bâtiment face aux risques futurs. Ces objectifs sont complémentaires, mais soulèvent la question du financement et de l’accessibilité des contrats.

« Le rôle de l’assureur est de faire émerger la possibilité d’une offre de réparation plus résiliente et d’être le point de rencontre entre l’offre et la demande. » 

Table ronde - Catherine Guerniou, Paul Esmein, Jean Marc Jancovici et Emmanuel Villette (journaliste : Séverine Leboucher)

Table ronde - Catherine Guerniou, Paul Esmein, Jean Marc Jancovici et Emmanuel Villette (journaliste : Séverine Leboucher)

Comprendre, mesurer, agir

Cette conférence a permis de tracer une feuille de route collective. Comprendre les transformations climatiques et énergétiques, mesurer l’impact des réparations, puis agir en proposant des solutions objectivées et partagées.

Avec son outil de mesure du poids carbone des réparations après sinistre, la FEDEA franchit une première étape structurante. Elle affirme ainsi une ambition : permettre à l’expertise en assurance de contribuer pleinement à une réparation plus éclairée, plus résiliente et moins carbonée, au bénéfice des assureurs, des assurés et de l’ensemble de la société.

 

👉 Retrouvez le replay de la conférence : Voir le replay de « La Révolution carbone des sinistres »

Une conférence à découvrir pour comprendre comment l’expertise après sinistre peut devenir un levier concret de la transition environnementale. 

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